16.10.2008

Nomade

orange

Aujourd’hui, j’habite sur un banc.

Demain, je ne sais pas.

Je reviendrai peut-être ici, sur ce banc vert et usé.

Tiens oui, il est très usé, je viens juste de le remarquer.
Cela m’importe peu tant qu’il est propre après tout.

En tout cas, il est bien pratique.

Sous ses lattes de bois, il y a juste assez de place pour y disposer mes affaires ; deux sacs en plastiques avec mon nécessaire de survie.

Quelques vêtements, des objets de toilettes rudimentaires et quelques photos constituent mes seuls biens matériels.

Si je les égare, je les remplace illico par d’autres.

Je suis libre.

Je n’ai peur de rien.

Je n’ai rien.

Ce matin, après y avoir dormi, je me sens un peu engourdi.

J’aurais été mieux dans l’herbe.

Je m’assieds en tailleur, ferme les yeux et médite comme chaque matin avant de chercher ce qui fera office de petit déjeuner.

Les voitures passent rapidement devant moi sur le boulevard.

Je les ignore et elles m’ignorent.

Le bruit des vrombissements ne m’atteint même pas.

Je viens d’entrer dans une dimension spirituelle supérieure.

Dégagé de liens matériels, je me sens aussi  libre et léger que Jonathan le goéland.

Je ne pense plus à rien. Ce qui pour moi, était un exercice de style très complexe, tant mes pensées s’entrechoquaient, est devenu, par la pratique quotidienne, comme un jeu d’enfant.

Ensuite, j’arrive à visualiser les couleurs que je désire et même les lieux et les personnes que j’affectionne avec une acuité parfaite, tout en gardant les yeux parfaitement fermés.

J’ai souvent l’impression de me trouver auprès d’eux, de mes aimés, en étant si loin…si loin et pourtant si près…

Je peux même me retrouver auprès de Sarah, la femme que j’aime, et la regarder dormir.

Elle est divine d’absolue beauté ; particulièrement lorsque la sérénité du sommeil irradie son visage d’une douceur à la fois angélique et enfantine.

Je pourrais la regarder pendant des heures.

J’ai du mal à revenir sur terre…auprès des « communs des mortels », que je suis aussi, en définitive.

Je voltige déjà si loin.

Je resterais là à méditer en pensant à elle très longtemps si mon estomac ne criait pas honteusement famine.

Il faut que je bouge, que je parte en quête de nourriture et d’un endroit, sec de préférence, pour dormir ce soir.

Où vais-je aller ?

Au Sud, il y fait plus chaud.

Ne m’a-t-on pas parlé d’un endroit où je pourrais être si tranquille...

....

 

Que fait cet homme habillé en orange sur le bord du boulevard ?

Cela fait plusieurs fois que je l’aperçois.

Je roule évidemment trop vite pour détailler la scène à ma guise.

Je vais ralentir, pour mieux l’observer.

Ce n’est pas un clochard.

Il a l’air propre.

Il est assis en tailleur, les yeux fermés.
Il médite, ma parole, au milieu de la circulation.

Enfin, ce n’est pas la grande circulation.

C’est un boulevard avec un terreplein au milieu parsemé de gros chênes ou de châtaigniers ou que sais-je...

Je roule devant lui.

Ne me demandez pas trop de détailler l’environnement quand je roule.

Je regarderai mieux demain…

L’homme est près d’un banc en dessous duquel deux sacs en plastique sont disposés.
Cela doit être ses seuls effets personnels.

Que fait-il là ?

Sa présence me rassure.

Je ne sais pourquoi.

Ce sont des chênes.

Ce matin, j’ai fortement ralenti en passant au même endroit.

L’homme est absent.

La scène manque cruellement d’acteur.

La toile est complètement exsangue de vie.

L’homme qui méditait tranquillement, comme un moine, ce qu’il est peut-être ou peut-être pas; l’homme hors du temps, de notre temps, s’est évaporé.

Et paradoxalement…il laisse comme un vide…spirituel…

Un manque.

J’accélère.

Ce matin, il est là.

Je souris.

Et passe.

Ravie...

20.09.2008

Herr Doktor

marguerite

Cest juste que…je suis une enfant...

L’homme était chauve, très âgé à mes yeux de petite fille, puisqu’il n’avait plus de cheveux.

Sa tête ronde et rasée brillait comme une balle de bowling (comme celles trop lourdes pour moi quand je joue)

Sa peau colorée par un bronzage orangé lui donnait un aspect fort agréable à regarder.

Le tout lui assurait un air jovial, surtout lorsqu’il souriait et que ses yeux se plissaient comme s’ils se repliaient sur eux-mêmes pour disparaître presque totalement.

Il ne restait alors qu’un mince filet d’yeux.

Il m’a parlé hier.

Attablée auprès du bar avec maman, je lui ai demandé un petit parapluie en papier qui ornait gracieusement son cocktail.

Avec un doux sourire, il m’a l’a donné.

Il parle la même langue que celle des garçons avec qui j’ai joué au ballon hier dans la piscine.

Maman dit que c’est de l’allemand.

Je n’ai rien compris mais je me suis bien amusée.

Près de la piscine, je le vois sur le pont qui la surplombe.

Je m’approche du pont pour mieux le regarder.

Il s’affaire à photographier une fleur comme il y en a des milliers sur l’île.

Va-t-il les photographier toutes ?

Il en a tout l’air.

Il rapproche son appareil de la fleur, l’éloigne, le tourne, prend de multiples photos, s’accroupit, recule, fait un zoom, refait le même scénario avec une autre fleur, un peu plus loin…

Quelle mise en scène ! tout cela pour une photo !

Je ris parce que c’est exactement comme cela que, moi aussi, je prends des photos.

Mamam dit que sur cette île, les européens sont comme les japonais, ils photographient tout…

...

La scène, ne m’échappe pas à moi non plus, tout comme à ma petite fille.

Tiens, c’est le charmant monsieur d’hier soir, qui valsait avec sa femme; seul couple sur la piste de danse.

Cette élégance digne d’un temps révolu les emportait comme dans un vieux film.

A cet instant, ils étaient seuls au monde, grisés par la musique.
En les regardant, je m’imaginais que cet homme devait exercer la profession de médecin : « Herr Doktor»
Je pensais qu’il ne pouvait en être autrement.

Avec son air bon et honnête, il ne pouvait que sauver des vies...

Et maintenant, à cette façon de photographier maintes fois cette fleur, en prenant diverses positions, avec l’émerveillement du premier jour, son âme d’enfant transcende tout son être.

Nous l’observons en riant.

Qui est le plus beau, la fleur ou la personne qui la photographie ?

Celui qui est apte à capter la beauté ou la beauté elle-même ?

C’est juste que…pour penser tout cela, peut-être que moi aussi, je ne suis encore, quelque part en moi, qu'une enfant…

 

Oiseaux de paradis

oiseau1

Fleurs aux noms d'oiseaux...

Oiseaux aux noms de fleurs...

Paradis des fleurs...

Fleurs de paradis...

Paradis des fleurs et des oiseaux...

Oiseaux de paradis...

29.04.2008

Double diamonds

x

 

Voile sur mon âme

Brume matinale

Tu es loin

 

Jonquilles en fleurs

Avant l’heure

Contemplation

 

Lac de pensées

Tranquille et calme

Je gèle sans toi

 

Le feu est mort

Je t’aime

Encore

 

Bien au-delà de l’Amor

Je ne t’aime plus

Et

Je t’aime de plus en plus fort…

 

15.03.2008

Pour Kardream..un petit jeu...

sashana

 

Dire 6 choses sur moi qui n’ont aucune importance (je ne donne pas de relais…ils ont déjà été donné…) 

- Je suis dans ma phase ‘Barry White’ que j’écoute avec ravissement dans ma voiture.

J’aime sa voix chaude et sensuelle et l’image du patriarche, père de famille nombreuse, protecteur et câlin me plait assez…l’aura qui ce dégageait de sa personne me plaisait…évidemment ce n’est pas James Blunt…

- J’adore les sushis, sashimis, makis….j’en mangerais des tonnes avec du gingembre et du wasabi…

- Je n’aime pas les piscines quand l’eau est froide. Je n’en veux d’être frileuse à ce point.

Je préfère le sauna...

- J’aime les climats chauds…humides ou secs…je n’ai plus envie d’aller aux sports d’hiver…

- J’adore les forêts tropicales, les aquariums, les jardins surtout japonais…les villages, villes, marchés, habitants….

- Je préfère la mer à la campagne…la vue d'une vaste étendue d'eau m'apaise...

Suite au prochain épisode....excellent week-end à tous....

26.02.2008

L'âme d'émeraude

 

émeraude

 

Au delà du voile,

des apparences,

Au delà des cris,

d'indifférence,

Scintillent,

Les âmes,

 d'émeraude,

Et parmi elles,

 la tienne....

17.01.2008

Les ouistitis de Jo.

wistiti

C’est encore vrai.

Personne n’est à l’abri d’un gros chagrin d’amour inattendu.

Un jour…

 

C’est juste que lorsque c’est arrivé, Sarah dont le prénom d'origine hébraïque veut dire « princesse », ne s’y attendait pas.

Elle ne savait nullement pour quelle raison elle avait été totalement aspirée et engloutie dans la spirale de son amour pour David, dont le prénom également d'origine hébraïque signifie à juste titre « aimé ».

Il l’avait accueillie au plus profond de son intimité mais contre toute attente, la relation avait immédiatement tourné court.

Si elle s’en référait à des croyances bouddhistes ancestrales et y croyait, elle dirait qu’il s’agissait d’une rencontre karmique puisque dès qu’elle vit David, elle eut envie de ne plus le quitter.

Elle dirait qu’ils se connaissaient déjà dans une existence antérieure, ce qui, en soi, serait une version bien plus romantique que celle d’avoir été purement, simplement et tout aussi rapidement évincée.

Tout aurait été parfait si seulement celui qu’elle aimait était déjà devenu un homme et n’était pas encore ce qu’il appelait « un garçon ».

Lorsqu’elle l’avait rencontré sa psyché était en profonde transformation.

La chenille allait devenir papillon.

De garçon, il se transformerait en homme.

Tout se serait bien passé si Sarah n’avait pas eu les sentiments pour lui qu’elle avait.

Elle ne devait pas l’aimer.

Il se trouve que lorsqu’elle s’éprit de cette manière, cela vint de manière extrêmement maladroite, immaîtrisable en plus de la peur que cela suscita en elle.

Sarah était immensément attristée et son chagrin était à la « démesure » de son amour.

C’était sans compter sur l’intervention inattendue de son confident et ami Jo, qui l’emmena, pour la distraire, dans un parc animalier où malgré elle, elle retrouva le sourire et même bien plus que cela ; le rire.

Les ouistitis de Jo.

C’était à cause d’eux que tout d’un coup, Sarah riait aux éclats, ses yeux pétillants de joie.

Aussi soudainement que possible, un ouistiti, en « liberté », avait sauté de la branche d’un arbre touffu pour atterrir sur sa tête.

Il ne trouva rien de mieux à faire que de lui gratter maladroitement le crâne tandis qu’un autre, encore plus hardi, essayait de voler quelque nourriture dans le sac à dos de Jo, qui se débattait, sans arriver à s’en débarrasser.

De galipettes agiles en galipettes futiles, une cohorte de congénères offrit un spectacle de haute voltige sous leurs yeux éblouis...

 

Personne n’est à l’abri de se remettre d’un gros chagrin d’amour...de façon inattendue...

C’est encore vrai.

Un autre jour…