21/11/2006

Sashen, La Reine d'Egypte amoureuse

 
felouque1
 
Il était une fois, la Reine Sashen, fille d’Amon, toute-puissance souveraine d’Egypte et de Nubie, qui rêvait d’étendre son pouvoir bien au-delà du mont Sinaï et d’asservir les peuples barbares d’Assyrie comme l’avait fait Ramsès avant elle.

Son prénom signifiait « fleur de lotus » en égyptien et elle le portait avec l’élégance et le raffinement d’une demi-déesse.

Souvent, avec la fierté due à son rang, elle chevauchait à la tête de son armée et durant des années, partait guerroyer.

A la ruse, elle alliait un pouvoir de séduction imparable et ses ennemis tombaient autant sous son charme que sous ses armes.

Comme envoûtés, tous se prosternaient à ses pieds, parfois même sans combattre.

Les rois étrangers la couvraient de présents somptueux dans l’espoir d’attirer son regard, son attention, ne fussent que l’espace d’un frison.
Tous nourrissaient l’envie de faire d’elle la souveraine de leur royaume, de régner à ses côtés et de la posséder ainsi que son vaste empire.

A aucun moment, la Reine Sashen ne les regardait, ce qui avait pour effet de les tétaniser et de renforcer leur désir ardent.

Ils décuplaient leurs présents et lui écrivaient de longues lettres d’amour qu’elle déchirait, lassée.

Un jour d’été ensoleillé, du haut de la terrasse de son palais d’Alexandrie, elle contemplait la foule grouillante du marché aux esclaves qu’il surplombait.

C’est alors qu’elle l’aperçut de loin.

Sans attendre, elle se précipita et descendit à grandes enjambées les marches de son palais.

Surpris, sur son passage, chacun s’écarta.

Sans compter et sans hésiter, elle s’acheta un esclave grec, fils d’Apollon, jeune éphèbe au doux prénom de Cyriel.

Elle l’installa et l’enferma dans ses appartements et longtemps, ils firent l’amour sous les voiles vaporeux de son lit royal.

Par dessus tout, il aimait l’art : le chant, la danse et la peinture.

Et l’art le lui rendait bien : il était né artiste…

Avec lui, Sashen n’était plus reine mais femme ; elle était aux anges.

Il chantait ses louanges, peignait son visage, et dansait devant elle avec la grâce d’un félin.

Ensemble, ils riaient et jouaient à des jeux d'enfants...

Enchaînée à leur amour, elle n’avait plus envie de partir en guerre tant elle avait peur qu’il ne se libère de son statut d’esclave ou que par ennui, il finisse par se lasser et par aimer une servante.

Parfois, par obligation, elle partait guerroyer mais elle n’avait de cesse de vouloir revenir

vers lui et de le trouver là endormi sur sa couche.

A chaque retour, nue, en silence, elle s’allongeait doucement sur lui pour susciter son désir...

Avec le temps, elle délégua de plus en plus son pouvoir à ses généraux ravis qu’accroître le leur.

Ses absences s’écourtèrent davantage.

Elle ne régna plus que sur l’Egypte, abandonna ses projets de conquêtes et même la Nubie.

Bientôt, son pouvoir ne fut plus que symbolique.

La Reine Sashen était devenue esclave…de son esclave…

Elle était enfin amoureuse...

Commentaires

Belle histoire .

Écrit par : biglodion | 21/11/2006

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Impatient que je suis, sa courte duré m'a séduis. Mais passionné que suis, sa courte duré m'a laissé presque frustré.

Belle écriture, et très belle inspiration.

Écrit par : Tesfaye | 26/06/2007

à Tesfaye Je suis contente qu'elle vous plaise...c'est une de mes préférées...la suite c'est "Cyriel, le bien-aimé" (voir dans mes titres) merci pour votre charmant commentaire...salutations

Écrit par : sashana | 26/06/2007

Les commentaires sont fermés.