23/12/2006

Le Prince de L'Atlantide

 
dawn swimmer
 

Il était une fois, un grand prince beau et puissant qui n’habitait aucun palais en raison de son goût prononcé pour les voyages et pour la découverte de nouvelles cultures et civilisations.
Son apparence dénotait.
Son habit, qu’il confectionnait lui-même tant il était à la fois prince et habile couturier, était rare et luxueux.
Sa stature, quant à elle, était svelte et raffinée.
Elégamment paré d’étoffes persanes extrêmement fines, il avait la prestance d’un grand conquérant.
Partout, où il ne faisait que passer, reçu comme un prestigieux hôte royal, admis à la table des plus grands de son monde, il passait si peu inaperçu qu’il suscitait de multiples rumeurs sur ses origines…
Les Rois recherchaient sa présence pour discuter de stratégies militaires avant-gardistes et pour prendre des nouvelles de l’étranger.

Les princesses, quant à elles, brûlaient d’amour pour lui et les Reines avaient peur pour leurs filles.

Elles cherchaient à les éloigner de lui en les distrayant.
Lorsque, lors de noces royales, l’une des princesses avait l’occasion de croiser son regard et d’échanger avec lui quelques mots, elle devenait instantanément comme droguée de lui et n’arrêtait plus de penser à lui pendant très longtemps.
Si elle en avait l’occasion, elle l’implorait alors de l’aimer.
De temps à autre, magnanime, telle une courtisane donnant ses faveurs, il en aimait sincèrement une, pendant quelques heures, pour ensuite l’abandonner au désespoir de son départ aussi précipité que fuyant.

Aussitôt, avec la même sincérité, il l’oubliait.
Le prince, inconscient du mal qu’il faisait par sa conduite légère, brisait son cœur.

Souillée et dévalorisée, elle restait seule et attristée.
L’évanescence furtive du prince créa progressivement un mythe ; sa beauté et sa puissance devenue légendaire auprès des grandes cours royales le devint également auprès des villages.
Les paysannes ne pouvaient s’empêcher de parler de lui, ce qui rendait les paysans jaloux tout autant que les rois et les princes ne l’étaient.
Personne ne le connaissait vraiment.
Les privilégiés qui l’avaient furtivement aperçu, se souvenaient de lui comme d’un grand seigneur étranger.
En réalité, le prince ne régnait plus sur rien.
Sa cité, l’Atlantide, plus grande que la Lybie et l’Asie réunies, engloutie lors d’un cataclysme il y a bien longtemps, le rendait orphelin de patrie.

Ses racines lui manquaient.

Souvent, il se surprenait à penser à sa prestigieuge capitale aux cercles de canaux concentriques vouée au dieu Poseidon qu’elle honorait par un temple grandiose situé en son centre.
Dernier descendant de la civilisation atlante au savoir bien plus riche que le nôtre, le prince de l’Atlantide avait gardé son âme d’aristocrate.
Bien que sans le sous, grâce à son charisme et l’aura de mystère que son image véhiculait, il vivait bel et bien comme un grand prince.

Seul lui restait de son passé un pendentif en orichalque, divin minerai de son peuple oublié, aux reflets d’or et de flammes.
Voyageant sans relâche, il n’eut de cesse de chercher d’autres racines…sa princesse…celle qui seule pourrait enfiler sans peine et parfaitement la seule robe que ses longues mains habiles n’eurent jamais taillée dans la soie la plus pure qui soit…

...une robe couleur du vent…

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