02/01/2007

Qui est cet homme ?

 
sword redim

Avec ses hommes armés, au grand galop, tel un fier guerrier sur son destrier, cet homme est arrivé dans notre village blanc, déserté.
L’alerte avait été donnée.
Il ne restait plus que moi, seule, égarée sur la place.
Notre peuple s’était réfugié dans notre grand temple blanc.
Quand je l’ai vu, j’ai été hypnotisée.
Comme une jeune adolescente, je me suis avancée vers lui et j’ai osé lui dire en le tutoyant comme si je le connaissais depuis toujours, qu’il était beau, puis je me suis enfuie en courant.
Je ne sais quelle pulsion m’a poussée à faire une chose aussi stupide que ridicule.
Avec son armée, il allait massacrer mon peuple et moi, je me mettais à l’aimer alors que je devrais le haïr.
Il ressemblait à un guerrier qui n’était plus un enfant mais pas encore tout-à-fait un homme.
De ses longs cheveux noirs et de ses yeux sombres et maquillés se dégageait une extrême féminité qui contrastait astucieusement avec son visage carré très mâle et son corps finement musclé et bronzé.
La force qui émanait de sa personne m’a immédiatement soumise à son charme.
Pourtant, j’en avais peur, très peur.
Ma fille, était encore à l’école.
Avec force, j’espérais qu’elle serait épargnée.
Cachée dans le temple avec notre peuple, je ne pouvais prendre le risque d’aller la chercher pour la sauver.
Fous d’angoisse et tous désespérés, nous attendions.
Nos enfants allaient mourir et nos habitations allaient être pillées et incendiées.
Nous tremblions devant la terreur et la fatalité de cette guerre.
De longues heures passèrent.
Elles semblèrent durer une éternité.
Enfin, le calme revint.
Nous n’entendions plus le bruit effrayant des sabots.
Ensemble, nous sortîmes du temple.
Rien n’avait changé.
Le village était comme avant ; toujours aussi adorable avec ses petites ruelles blanches.
L’armée l’avait juste traversé.
A l’école, en pleurs, nous retrouvions nos enfants sains et saufs et les serrions très fort dans nos bras.
Nous apprîmes plus tard que le bel inconnu n’était pas un véritable guerrier mais un messager, brillant diplomate d’un Roi étranger très puissant.
Pour nous épargner, il avait convaincu son Roi de créer un nouveau Dieu, qui serait à la fois le sien et le nôtre et agréerait chacun.
Il prônait une savante combinaison de nos deux religions.
Grâce à son intelligence, dans cette guerre, le sang n’avait pas coulé.
Quelques jours plus tard, je reçus une lettre inattendue.
Cet homme, messager du Roi, me demandait avec courtoisie de lui préparer le plat traditionnel de notre village et s’invitait à ma table.
A la lecture de cette missive, en repensant à lui, j’eus des frissons dans tout le corps…et mes joues soudain s'empourprèrent...j'en fus la première étonnée...
 

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