20/03/2007

Femme Solaire et Insulaire

 

smiling eye1

Il était une fois, Clémence, une femme solaire, insulaire, qui nous semble si familière, parce qu’elle a dans les yeux, en permanence, l’éclaboussure d’un sourire, même d’un rire.

A chaque instant, son regard enveloppe de chaleur toute personne qui s’y approche.

Elle vit à Trois Rivières, un village de pêcheurs, proche de la mer, dans la magnificence d’une des plus belles îles des Antilles; la Guadeloupe.

Elle occupe une superbe maison créole d’anciens colons français dont ses ancêtres étaient les domestiques.

Le monde a bien changé depuis ces temps aujourd’hui révolus.

Libre de ses chaînes qui entravaient le lourd temps des colonies, comme une princesse, elle règne sur sa plantation de vanille dont elle féconde habilement et patiemment les fleurs.

Elle s’enorgueillit également de faire pousser des plants de cacao pour en faire le plus raffiné des chocolats.

Avec passion, elle prépare des petits plats épicés au doux nom de « poulet colombo » qu’elle ne manque pas de faire partager avec sa famille et ses amis.

Ainsi, pendant de longues heures, elle cuisine, notamment des crabes farcis trouvés dans la mangrove.

Elle sait qu’ils seront dégustés en deux ou trois bouchées par ses invités mais elle le fait avec son cœur et découvre sans cesse de nouvelles saveurs.

Sa grand-mère qui lui a appris à faire la cuisine disait toujours, en riant, que quand on cuisine avec le cœur, ce que l’on prépare s’en ressent et est toujours meilleur.

De plus, comme il se doit dans les Antilles, il ne fait aucun doute qu’aucun des convives ne refusera un doigt de pur rhum antillais pour accompagner ces délicieux repas.

A d’autres moments, elle entretient son jardin tropical aux plantes, arbres et fleurs étonnantes et exotiques.

Certains d’entre eux répondent à ces noms venus d’ailleurs qui font parfois rêver tels que les roses de porcelaine, les becs de perroquets, les cristophines (sorte de pomme-de-terre antillaise),  les calebassiers, …sans oublier les superbes bananiers avec leurs régimes de bananes si harmonieusement suspendus.

De caractère, elle ressemble à sa mère, une « doudou » élégante dans son costume, typique de la Guadeloupe, à madras multicolores à prédominance orangée, dont elle assortit si bien la coiffe qui illumine de chaudes couleurs son visage métissé.

Souriante, l’air bon enfant, cette dernière donne envie d’être materné, de se blottir contre elle, tant elle dégage une aura de protection autour d’elle.

Quand on la voit, on se dit qu’on aimerait lui confier tous nos chagrins d’amour et que d’un geste, d’un sourire, elle les effacera.

Clémence l’accompagne souvent au marché de Point-à-Pitre, pour y vendre de multiples fruits cueillis dans leur verger.

Ces fruits aux saveurs venues d’ailleurs telles que des goyaves, papayes, mangues…de tailles exceptionnelles et juteuses d’un soleil ardent s’amoncèlent sur les étals du marché et personne n’aurait la force de résister à en acheter.

Avec les autres vendeuses, elles rient, brillent et resplendissent.

Parfois, au retour du marché, elle dépose quelques roses de porcelaine sur les tombes de dunes de sable délimitées par de gros coquillages du cimetière aux esclaves.

Dans le sable de la plage, cachés des regards comme un trésor dissimulé, sous les cocotiers, ses ancêtres reposent en paix.

Elle les respecte et elle sait qu’ils la protègent.

Sa vie a le goût suave du bonheur.

Quand elle parle, qu’elle chante parfois, ses mots nous envoie des ondes de couleurs.

A travers elle, on ressent les embruns de la mer toute proche, les parfums marins, les palmes des cocotiers ondulants, les poissons multicolores, le calme et la sérénité.

Un jour, lorsqu’elle accueillit des visiteurs à la maison du cacao, musée en plein air expliquant les étapes de la cueillette des fèves de cacao à la fabrication des barres de chocolat, elle éclata de rire lorsqu’un séduisant étranger au regard clair dénommé Erwan lui demanda en blaguant une tasse de café.

Dès ce jour, l’un de l’autre très énamourés, ils ne se quittèrent plus.

Et derrière la cascade du lieu-dit «  saut de la lézarde », aux confins d’une dense forêt tropicale, sur un lit de mousses et de lichens, dans la tendresse et l’amour, ils conçurent leur petite fille…

 

« Chanceuse Laureline, tu as maintenant dix ans et sache-le, belle enfant, tu n’es vraiment pas venue au monde par accident…»….

 

Commentaires

à ceux qui soudain se taisent... je pense à vous parfois...malgré ces silences palpables...et espère que le silence vous est bénéfique...bisous

Écrit par : sashana | 22/03/2007

Les commentaires sont fermés.