03/07/2007

Evanescence à Rome

 
sensualité

Rome, oh Rome, que je t’aime et que je t’aimerai…que tu es belle avec ton centre, tes temples, tes ponts…et toutes ces ruelles où il fait bon se perdre.
Toutes celles qui se relient et nous relient toi et moi avec le bien-être de la vie dans cette cité magnanime.
Malgré ta grandeur et ta décadence parfois, j’y suis enfin chez moi.
C’est donc à toi que ressemblent mes « racines ».
Elles sont là au bord de ton âme.
Une âme pleine de vie et de richesses…et j’ai un aveu à te faire : jamais je ne me lasserai de toi.
Tu es ma ville.
Où que j’aille, où que me portent mes pas, à chaque fois, je vivrais dans l’attente de pouvoir te retrouver, ma Rome à moi.
Tu es le seul endroit où je sais poser mes valises et me reposer.
Ville des empereurs, des guerriers et des sages, je te préfère quand le calme règne dans tes rues…quand il fait bon s’y promener dans la chaleur du soleil couchant, fusionner avec toi, et au détour d’un chemin croiser le regard brillant de charme d’une jolie courtisane romaine.
Hier soir, je me promenais le long de la via Apia quand, soudain elle apparut, là, près du pont.
Je la vis en contre jour, ces longs cheveux blonds-bruns flottant au gré d’un petit vent doux du soir.
Je m’arrêtais surpris devant tant de beauté.
Le temps semblait ralentir, les moments durer une éternité, je vis, non, je sentis, chaque mouvement de son corps, de ses épaules, de sa tête, de ses cheveux.
J’étais comme enivré.
Sous le charme de cette nymphe sortie de nulle part.
Dieu, qu’elle était belle !
Un signe des dieux que Rome était bien une ville de toute beauté. 
Elle disparut comme elle était venue, par enchantement.
Un instant je crus avoir rêvé.
Un frisson me traversa l’échine.
Je me ressaisis.
Et je continuais mes déambulations dans les ruelles avec leurs temples et échoppes.
Tout en rêvant de ma jolie nymphe.
J’étais heureux.
Léger.

J’eus une enfance épanouie, pleine de rires, de sourires et d’allégresse.
Elle ne pouvait que l’être tant j’aimais le meilleur de
la vie.
Le
meilleur du meilleur.
L’amitié avec mes camarades d’écoles et le lien qui me liait avec mes parents et mes deux sœurs me comblaient le cœur d’une douce chaleur réconfortante.
Nous vivions dans une villa romaine mêlant à la fois un style architectural ancestral et contemporain…une admirable combinaison de la beauté du passé et des bienfaits de la modernité…
On y rentrait par un petit couloir menant à l’atrium; la grande cour intérieure ouverte sur le ciel.
Son centre contenait un impluvium; bassin qui recueillait jadis astucieusement l’eau des pluies, était transformé un lieu de baignade fort agréable lors des fortes chaleurs des mois d’été.
Nous y jouions souvent avec mes sœurs et la villa résonnait de rires d’enfants.
Le raccordement aux canalisations de la cité permettait un usage plus confortable de l’eau comme c’était le cas pour l’électricité…cela faisait bien longtemps maintenant que les lampes électriques avaient remplacé les flambeaux qui par le mouvement chatoyant de leurs flammes incessantes donnait jadis ce côté romantique et mystérieux aux longues veillées familiales.
L’air chaud du chauffage central passait sous les dalles de mosaïque aux multiples dessins de dauphins, d’hippocampes, d’ibis,…qui ornaient le dallage comme si nous marchions sur une fresque antique très précieuse et à vrai dire à mes yeux, elle l’était.
Comme tout dans cette maison ; autant elle-même que ceux qui y respiraient…les êtres qui m’étaient chers.
Autour de l’atrium, se trouvaient nos appartements et les cuisines.
Dans la seconde partie de la villa, l’atrium avait été remplacé par un péristyle dont le jardin central était entouré d’une colonnade et de quelques bancs où il faisait bon s’asseoir quelques instants en contemplant la fontaine centrale aux jets se croissant et se décroissant sans cesse.
Je regardais souvent l’eau monter en grosses gouttelettes pour mourir en fines larmes tombantes pour se perdre dans le bassin où des tourterelles jouaient à des jeux d’eau comme des enfants… j’adorais ce mouvement incessant de l’eau et cela me rassurait de voir qu’il n’en finissait pas…comme quand on croit que tout est fini et qu’en réalité, tout recommence…
Et ces tourterelles armait mon âme d’un présage irréfutable de bonheur…
Encore maintenant, lorsque je suis dans ce jardin, je me surprends toujours à rêver.
Comme dans un songe, je la vois encore là, ma nymphe, toujours de dos, près de la fontaine, vêtue d’une robe en voile blanc transparent laissant ses ravissantes épaules dénudées et dignes des caresses les plus voluptueuses qui soient.
A cette vision, je sens mon regard briller de passion.
Tiens, je l’entends rire…d’un rire d’enfant tendre et si féminin…à ce moment, je suis intrigué de savoir ce qui suscite en elle une telle joie…je m’approche d’elle et je vois ses mains en train de caresser les tourterelles, qui volent sur ses épaules en tournoyant, qui picorent des graines posées aux creux de ses mains aux doigts si fins…
Elle s’émerveille de pouvoir ainsi se rapprocher aussi près de ces oiseaux si peu farouches…
Je crois bien qu’elle serait restée longtemps là à s’amuser si tout cela n’avait pas été qu’une illusion de mon esprit…la plus belle des illusions n’en reste pas moins une illusion…comme si ma nymphe avait à nouveau pris la fuite...pour mieux revenir un jour ou pour mieux repartir à nouveau…sans que je ne puisse à jamais l’attraper, la prendre dans mes bras et lui donner un baiser si peu volé…
Je me demande à quel jeu dangereux elle joue... et si elle complique volontairement tout. 

En même temps, je me dis que je ne dois rien attendre d’une image hormis le fait de s’évaporer dans un parfum évanescent au pays des utopies... et de rester flotter dans mon esprit pour un temps indéterminé.
Est-ce mon esprit ou mon âme qui crée à ce point des mirages ?
Ai-je l’âme d’un sage ou d’un rebelle ?
Un peu des deux ou chacun des deux en alternance peut-être.
Une chose est sûre c’est que si j’aime à ce point l’image de ma nymphe c’est que je suis amoureux de l’amour lui-même…

Commentaires

Rome, une incontournable sur la liste des destinations à visiter au moins une fois dans sa vie.
Belle soirée à toi, bisous

Écrit par : Kardream | 05/07/2007

coucou Kardream tu as raison...c'est une ville qui m'inspire beaucoup...surtout la Rome antique...j'espère que tu es en forme...à bientôt, bisous

Écrit par : sashana | 06/07/2007

J'aime beaucoup ta façon d'écrire dans ce texte.
J'aime également beaucoup l'idée de l'instant fragile qui peut troubler une vie le temps d'un mirage!
Bisous

Écrit par : Pascale | 14/07/2007

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