20/09/2008

Herr Doktor

marguerite

Cest juste que…je suis une enfant...

L’homme était chauve, très âgé à mes yeux de petite fille, puisqu’il n’avait plus de cheveux.

Sa tête ronde et rasée brillait comme une balle de bowling (comme celles trop lourdes pour moi quand je joue)

Sa peau colorée par un bronzage orangé lui donnait un aspect fort agréable à regarder.

Le tout lui assurait un air jovial, surtout lorsqu’il souriait et que ses yeux se plissaient comme s’ils se repliaient sur eux-mêmes pour disparaître presque totalement.

Il ne restait alors qu’un mince filet d’yeux.

Il m’a parlé hier.

Attablée auprès du bar avec maman, je lui ai demandé un petit parapluie en papier qui ornait gracieusement son cocktail.

Avec un doux sourire, il m’a l’a donné.

Il parle la même langue que celle des garçons avec qui j’ai joué au ballon hier dans la piscine.

Maman dit que c’est de l’allemand.

Je n’ai rien compris mais je me suis bien amusée.

Près de la piscine, je le vois sur le pont qui la surplombe.

Je m’approche du pont pour mieux le regarder.

Il s’affaire à photographier une fleur comme il y en a des milliers sur l’île.

Va-t-il les photographier toutes ?

Il en a tout l’air.

Il rapproche son appareil de la fleur, l’éloigne, le tourne, prend de multiples photos, s’accroupit, recule, fait un zoom, refait le même scénario avec une autre fleur, un peu plus loin…

Quelle mise en scène ! tout cela pour une photo !

Je ris parce que c’est exactement comme cela que, moi aussi, je prends des photos.

Mamam dit que sur cette île, les européens sont comme les japonais, ils photographient tout…

...

La scène, ne m’échappe pas à moi non plus, tout comme à ma petite fille.

Tiens, c’est le charmant monsieur d’hier soir, qui valsait avec sa femme; seul couple sur la piste de danse.

Cette élégance digne d’un temps révolu les emportait comme dans un vieux film.

A cet instant, ils étaient seuls au monde, grisés par la musique.
En les regardant, je m’imaginais que cet homme devait exercer la profession de médecin : « Herr Doktor»
Je pensais qu’il ne pouvait en être autrement.

Avec son air bon et honnête, il ne pouvait que sauver des vies...

Et maintenant, à cette façon de photographier maintes fois cette fleur, en prenant diverses positions, avec l’émerveillement du premier jour, son âme d’enfant transcende tout son être.

Nous l’observons en riant.

Qui est le plus beau, la fleur ou la personne qui la photographie ?

Celui qui est apte à capter la beauté ou la beauté elle-même ?

C’est juste que…pour penser tout cela, peut-être que moi aussi, je ne suis encore, quelque part en moi, qu'une enfant…

 

Commentaires

Bonjour Sashana Contente de savoir que les idées fourmillent et de te lire à nouveau.
Ce texte est d'une construction originale, la vision de l'enfant et celle de l'adulte, pas si adulte que cela, sur un inconnu photographe en vacances. Je ne sais ce qui est le plus beau, la beauté elle-même ou celui qui s'en émerveille, probablement les deux.
Un mail suit ce commentaire.
Bonne journée, bisous

Écrit par : Kardream | 22/09/2008

Bonne journée kar tes commentaires me font toujours fort plaisir... je les trouve toujours très pertinents...au plaisir de te lire...bisous

Écrit par : sashana | 22/09/2008

Coucou! J'ai changé le layout de mon blog. Dis-moi ce que tu en penses.
J'espère que ce n'est pas mon histoire d'agneau et de mouton qui a stoppé ton élan d'écriture vagabonde.
Bonne journée, bisous

Écrit par : Kardream | 15/10/2008

coucou kar non ce n'est pas ton histoire d'agneau ou de mouton qui a coupé mes élans d'écriture...mon prochain post est prêt mais je ne trouve pas de photo pour l'illustrer...je vais aller voir sur ton blog de ce pas...bisous

Écrit par : sashana | 15/10/2008

Les commentaires sont fermés.