29/03/2015

Afrique

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C’est juste….que je ne me suis jamais senti aussi vivant que depuis ce jour où j’ai eu l’intime conviction que j’allais bientôt mourir; que tout allait s’arrêter, au fond de moi, je le sentais.

Avant, le sentiment d’immortalité me faisait vivre ma vie au ralenti comme si j’avais bien le temps de faire toute chose; l’échéance de ma mort étant sans cesse mentalement retardée.

Depuis lors, conscient de l’échéance proche, je fis mon testament, dis au revoir à mes proches, terminais les milles choses que je devais accomplir.

Cependant, un jour, contre toute attente, j’eus le sentiment inverse : que la fin inéluctable s’était bizarrement éloignée comme si j’avais miraculeusement échappé à mon destin.

Juste après cela, au détour d’un chemin, je rencontrai la belle Aliaya; cette femme qui allait compter le plus dans ma vie, sauf qu’à ce moment-là, j’étais loin de m’en douter.

Féline et innocente avec ses yeux candides et sa mine basanée, elle me faisait penser à ce que l’Afrique a de meilleur, son exotisme et son mystère, sa sauvagerie et sa beauté farouche…

Mon âme d’européen bien en place était guidé par une vision réductrice, par des images…

Aliaya était, pour moi, le meilleur de l’Afrique sans réellement la connaître ni elle ni l’Afrique.

Afrique qui rit et qui pleure, qui nous fait envie et nous fait peur, qui nous fascine et nous fait prendre des distances….insupportables.

Aliaya, à celle-seule, était tout cela.

Elle m’effrayait.

J’avais une envie folle envie de la découvrir.

Le tout à la fois.

Elle avait le regard félin, celui d’un prédateur repus, et la peau ambrée des gazelles de là-bas.

Le jour, elle souriait, chantait avec chaleur, courait avec vélocité, vénérait ses ancêtres et adulait ses morts.

Le soir se faisait caresse et je me baladais dans les immenses savanes africaines découvrant les mille et un paysages d’un continent brulant sous le soleil et tremblant sous mes doigts ensorcelés par sa sensualité.

Elle me laisserai partir au loin sans résister, sans m’attendre et penser au lendemain et serai heureuse de mon retour.

Je ne sus jamais si elle m’aimait ; elle était trop secrète pour le dire.

Lorsqu’elle partit pour toujours, je me dis :

"j’ai pris dans mes bras tout un continent et ce continent c’était l’Afrique….

et à moment-là, je sus ce que c’était de vivre…"

 

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