21/06/2015

Alex, l'ange gardien du bout du monde

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C’est juste que lorsque j’ai rencontré Alex pour la première fois, j’ai vécu en même temps le pire moment de toute mon existence.

J’étais à l’étranger dans un de ces pays lointains, magiques et exotiques aux multiples facettes provoquant à chaque instant mon ravissement.

J’essayais de capter mes impressions en observant la nature tropicale exubérante.

Mon corps s’enveloppait de cette douce tendresse ressentie par la chaleur ambiante.

Je goutais avec délice à ce climat chaud et sec.

J’avais plaisir à contempler l’âme nonchalante, colorée et musicale d’une population métissée par les influences de diverses cultures.

Je m'adaptais avec aisance à un rythme de vie ralenti dans sa course contre le temps.

Au début de mon voyage, avec tous mes sens en éveil, je flottais sur un petit nuage, comme dans un rêve.

Je m’extasiais comme un petit enfant de ce que je voyais, tant j’étais étonnée et surprise.

J’étais enfin pleinement heureuse.

 

Epanouie je l’ai été jusqu’au jour où j’ai été agressée dans la rue.

Dès lors tout a basculé.

Apeurée comme une biche blessée par un chasseur, je connus l’envers du décor, la descente aux enfers.

Un état de terreur et d’angoisse me faisait bruler mes cartouches mentales.

Dans ces circonstances troubles, je fis la connaissance d’Alex dans un endroit improbable pour faire des rencontres ; au commissariat.
Au début, je l’ai pris pour un policier.

J’ai compris rapidement qu’il ne l’était pas.

Il secourait un ami, agressé lui-aussi.

Il m’aidât beaucoup.

Il n’y a plus que près de lui que je me sentais en confiance.

Je voulais qu’il reste toujours auprès de moi, qu’il ne prenne la main et me rassure.

Je crois qu’il aimait ce rôle de sauveur que je lui assignais malgré moi.

Nous avions de longues conversations et je pus de délecter en l’écoutant parler.

Il était fort érudit, patient et disponible.

Il restait pendant de longues journées avec moi comme un ami fidèle.

Notre amitié se forgeait, s’ancrait dans nos mémoires.

 

Un jour, il a fallu que je retourne chez moi de l’autre côté de la terre, laissant Alex à sa vie, à ses enfants, à son travail.

Il m’écrivit de merveilleuses lettres.

Souvent, je restais sans nouvelle de lui pendant des mois.

Un jour, il m’apprit qu’il venait de réchapper de la dengue, une maladie causée par les moustiques.

D’ici, je ne pouvais qu’imaginer ses souffrances endurées et compatir à son épreuve.

Au bout du monde, je pensais à lui et il pensait à moi.

Au confins de la terre, il pense à moi et je pense à lui.

Je ne sais pas ce qu’il est devenu et si je le reverrai un jour. 

 

Souvent je me demande si le destin avait prévu cette malencontreuse aventure justement pour que je rencontre Alex…que je n’aurais pu rencontrer que dans ces tristes circonstances…

Quel est le sens de tout cela ?

Y-a-il de l’amour dans l’amitié et à quelle dose ?

Parfois, je me dis que certaines questions resteront à jamais sans réponse…ou peut-être pas… 

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